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F comme Foire

Mardi, 7 Juin, 2016
 
La tradition des foires et des marchés se perpétue dans nos villes et bourgades depuis le Moyen Age, véritables carrefours de goûts, de saveurs et d’histoire. Toutes les influences s’y mêlent, celles aussi en provenance du lointain Orient. Les foires de Pézenas, Montagnac, Clermont sont actives et celles de Saint-Gilles, plus tard de Beaucaire, attirent des populations méditerranéennes assez diverses.
Par définition, la foire est un lieu public destiné au commerce en vertu de lettres-patentes du souverain : le droit, royal à l’origine, est ensuite étendu à certains seigneurs. En fait, les seigneurs lèvent des taxes sur les marchandises apportées dans les foires, s’ils peuvent se prévaloir d’un titre ou d’une possession immémoriale. A l’échelon local coexistent des foires annuelles ou semestrielles dans des bourgs ou des villes : leur trafic reste en général limité. Elles ne se différencient guère des marchés et leur nombre est fonction autant des nécessités de l’économie que du morcellement territorial.
 
 
Parchemin, lettres ornées et rubriquées
Leudaire de Clermont en Lodévois, aujourd’hui Clermont-l’Hérault, XIVe siècle
Archives communales de Clermont-l'Hérault, 52 EDT II 10
 
La foire (fieyra) de Clermont en Lodévois, gros bourg situé au sud du diocèse de Lodève et aux confins de la zone de plaine et de la zone de montagne, est attestée depuis le XIIIe siècle. Le seigneur de la ville perçoit alors de nombreuses taxes en argent sur les marchandises dont l’énumération fait l’objet d’un recueil en langue d’oc, copié à la fin du XIVe siècle, désigné sous le terme de « leudaire ». Il s’agit d’un « mémoire des denrées et autres choses qui doivent dans la juridiction de Clermont le droit d’issue, de passage, de péage ou de leude », la leuda étant une taxe sur la vente, un droit perçu sur les marchandises portées dans un lieu pour y être vendues. On distingue aussi dans ce petit registre sur parchemin, les droits d’issue et de péage touchant la circulation des marchandises, les taxes sur la pesée, les droits de place et étalage de marchandises.
 
 
Tableau des foires de la commune de La Salvetat. Avis, 1791
 Archives départementales Hérault, L 5100
 
Chaque commune s’empresse au XIXe siècle, soit de créer son propre marché hebdomadaire, soit d’étendre le nombre de jours de marché. Le tableau des foires de la commune de La Salvetat en 1791, tente de faire correspondre les dates du calendrier grégorien avec le calendrier révolutionnaire.