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G comme Goudronneuse

Mercredi, 8 Juin, 2016
 
Pendant la Première Guerre mondiale, les armées s’efforcent chaque jour de pourvoir les troupes en nourriture fraîche. Telle est la fonction des « goudronneuses » : des cuisines roulantes que l’on nomme ainsi par ressemblance avec la machine qui porte le bitume.  Ces cuisines roulantes apparaissent, progressivement, en 1915 ; installées en deuxième ligne ou à l’arrière, elles fournissent café chaud, soupe, bouillon et rata aux hommes en première ligne ; d’où les trajets des « hommes de soupe » à travers des kilomètres de boyaux. Les « goudronneuses » sont équipées de quatre marmites de 100 litres, sans four ; chauffées au bois, et , sont tractées par deux chevaux. Le tout pèse un peu moins d’une tonne. Elles sont prévues pour servir un effectif de 250 hommes, l’équivalent d’une forte compagnie.
 
 
"Distribution de soupe" [vue n° 6].
Fonds numérisé dans le cadre de la Grande collecte Europeana 1914-1918. L'original appartient à Mme Julie Albisson. Fonds de clichés stéréoscopiques sur plaques de verre : boîte n° 4. 1914-1918.
Archives départementales de l’Hérault, 49 PRI 4
 
Les Archives départementales de l’Hérault participent depuis novembre 2013 à la « Grande Collecte 1914-1918 », campagne européenne de collecte, numérisation et valorisation des fonds d’archives familiales relatifs à la Première Guerre mondiale. L’originalité de la participation des Archives de l’Hérault consiste dans la numérisation intégrale des fonds de poilus les plus cohérents, qui sont ensuite minutieusement décrits, indexés et mis en ligne sur le site Internet des Archives. Ce sont ainsi plus d’une centaine de fonds, soit près de 20 000 images de carnets de guerre, lettres, photographies, qui sont ainsi mis à disposition des internautes, qu’ils soient chercheurs ou simples passionnés de 1914-1918, renouvelant de la sorte l’approche personnelle et intime du conflit.
La centaine de fonds privés numérisés provenant de la Grande Collecte permet assurément de renouveler l’histoire des poilus héraultais - et de nombreux autres départements - et de fournir à la recherche historique un matériau inédit sur le conflit. Plusieurs fonds personnels confiés pour numérisation concernent par exemple le 122e régiment d’infanterie territoriale, dont le recrutement est exclusivement héraultais. Ce sont ainsi au moins 5 fonds de simples soldats, de sous-officiers et d’officiers du même régiment qui permettent de mieux comprendre le vécu quotidien des poilus aux différents niveaux de décision ou d’exécution des ordres (chacun rapportant dans ses archives ses observations, sa perception de l’événement, ses choix en fonction de sa position d’exécutant ou de décideur).