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L comme Lettrine

Mardi, 14 Juin, 2016
 
Lettre de grande dimension, souvent ornée et illustrée, employée pour marquer le début d’un texte. Les moines du Moyen Âge cultivaient l’art de la lettrine dans leurs enluminures. Ce peut-être une lettre de taille courante, tracée dans une couleur différente : souvent le rouge au minium, qui donnera le terme de miniature. Puis la lettrine prend de l’importance, voit sa taille agrandie, et est de plus en plus fréquemment ornée de motifs purement décoratifs ou figuratifs. L’écriture utilisée peur alors différer de l’écriture du texte : elle est dessinée et peinte, déformée si besoin pour s’adapter au décor, quand la lettre courante est tracée selon le ductus habituel.
Avec l’invention de l’imprimerie, la lettrine est devenue un ornement typographique. Elle peut provenir d’une vignette conçue à cet effet ou d’un caractère plus grand de la même police d’écriture ou d’une autre sorte.
En typographie, l'emploi du terme lettrine dans son sens actuel ne date que de la fin du XIXe siècle. Auparavant il désignait une petite lettre entre parenthèses destinée à indiquer un renvoi. Ce que nous appelons aujourd'hui lettrine s'appelait lettre grise quand elle était incluse dans une vignette ornée, puis lettre de deux points quand, en se simplifiant, elle n'a plus été que composée dans un corps plus gros, plus ou moins sur la valeur de deux lignes, parfois dépassant du texte, parfois emboîté dans celui-ci.
 
Cartulaire de Gellone : 1 registre parchemin de 215 folios. Encre rouge et noire. Extrait
Archives départementales de l’Hérault, 5 H 8
 
Archives communales déposées de Saturargues. Extrait
Archives départementales de l’Hérault, 294EDT10
 
Cartulaire de Gellone : 1 registre parchemin de 215 folios. Encre rouge et noire. Extrait
Archives départementales de l’Hérault, 5 H 8
 
Rédigé dès 1122, le cartulaire de l’abbaye de Gellone comporte 588 actes remontant à l'an 804. Des donations et privilèges apostoliques remontant jusqu'à 1095 (5 H 12-13) sont également conservés : ils constituent des pièces importantes de la diplomatique médiévale.
Fondée en 804 par Guillaume, duc d'Aquitaine et fidèle de Charlemagne, l'abbaye de Gellone est l'une des plus célèbres du département. Guillaume s'y fit moine et y mourut en 812. Saint Benoît d'Aniane en fut le premier abbé. Voisine d'Aniane, l'abbaye, malgré de fortes dissensions, ne lui fut jamais assujettie. Comme les autres abbayes bénédictines, le monastère fut dévasté par les guerres de Religion. Repris par la congrégation de Saint-Maur en1626, il succomba à la Révolution. Une partie de son cloître a été vendue pendant la Seconde Guerre mondiale et constitue aujourd'hui l'une des pièces maîtresses du Cloisters Museum de New York.