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T comme Thau

Jeudi, 23 Juin, 2016
 
L’étang de Thau est une véritable mer intérieure (18 km de long, 5 km de large, 5 m de profondeur moyenne).
 
C’est ainsi que Renaud de Vilback nous le décrit, en 1825, dans son périple héraultais :
Je vous conseille de traverser l’étang deThau, si vous avez un beau temps, car cette Méditerranée en miniature est, malgré sa petitesse, assez fertile en naufrages.
 
Au XIXe siècle, les villages des rives de l’étang de Thau vivaient, outre de la pêche, du commerce des vins et de la fabrication de la tonnellerie. L’étang de Thau est devenu aujourd’hui un plan d’eau idéal pour les voiliers qui le sillonnent mais surtout un important centre de conchyliculture dont les parcs à coquillages couvrent la zone comprise entre Bouzigues et Mèze. Aux parcs à huîtres installés depuis un siècle se sont ajoutés les parcs à moules au début du XXe siècle.
 
Etangs de Thau. Clichés photographiques : J.Ribière
Archives départementales de l’Hérault, 23 FI
 
Aménagement touristique du littoral Languedoc-Roussillon ; Bassin de Thau.
Mission Interministérielle pour l'aménagement touristique du littoral Languedoc-Roussillon". Schéma directeur, 1972, en 6 feuilles : rapport et 5 unités touristiques. Papier glacé, coul., par Offset-Languedoc, Vendargues. Dim. 0,39 x 0,39 m. ; lég. - Bassin de Thau
Archives départementales de l’Hérault, 1Fi1409
 
C’est dire que la qualité des eaux doit être perpétuellement contrôlée, surtout en période de conditions météorologiques exceptionnelles. En 1975, une très importante « malaïgue » (mauvaise eau) touche la petite région de l'étang de Thau (déficit en vent, impact nocif des activités humaines périphériques), ruinant les trois quarts de la production conchylicole locale. A partir de ce moment-là, des recherches sont effectuées pour préserver la qualité de la mer et des lagunes et les conditions de production des coquillages, en trouvant des solutions de retraitement des pollutions et en améliorant les réseaux d’assainissement : traitement des eaux usées, stations d’épuration ou de lagunage. Des prélèvements et des analyses de l’eau et des produits sont effectués périodiquement par l’Ifremer (Institut de recherche pour l’Exploitation de la mer). Cette veille sanitaire peut suspendre temporairement la vente des produits conchylicoles (activité d’élevage, de culture), rendant aléatoires les revenus de cette production fragile. La mise en service, en 1980, de la station de lagunage naturel à l'est de Mèze, dans d'anciennes salines, a permis l’épuration des eaux usées qui se déversaient dans l’étang et les a rendues propres à la production et à la commercialisation des huîtres et des moules. La station s’est aussi lancée dans la pisciculture : production de naissains d’huîtres, d’alevins de loups, daurades, crevettes, mais aussi vente de poissons tropicaux. Le procédé de lagunage naturel, respectueux de l'environnement, permet de préserver l'étang de Thau et ses activités de pêche, de conchyliculture, et de tourisme, d'éventuelles pollutions organiques d'origine urbaines.