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W comme Wagon-foudre

Lundi, 27 Juin, 2016
Voiture de train aménagée pour le transport des boissons !
 
Le ministère de la Guerre recommande en 1915 de ne pas immobiliser les wagons dans les stations magasins ; cette recommandation s’applique notamment aux wagons réservoirs (de vin) qui sont « à dépoter dès leur arrivée en gare ». L’administration rappelle que ces wagons-réservoirs ne sont pas des magasins roulants, mais exclusivement des organes de transport.
Les wagons sont donc retournés vides et propres sur les gares ou ports originaires d’expédition. Sont à nouveau visés spécialement ces wagons-réservoirs, dont nombre ont été moisis, et « la moisissure constitue en quelque sorte un vice rédhibitoire susceptible d’enlever toute garantie à la qualité de vin  transporté ». Le risque est que les destinataires négligent le vin de l’armée et aillent exploiter les ressources locales. Il ne faut donc laisser dans les foudres ni lie ni dépôt, qu’ils soient séchés pendant une heure environ, et qu’aussitôt après séchage, il soit brûlé du soufre, « soit en mèche à raison de six par foudre, soit en plaque à raison d’une par foudre », et qu’après séchage les foudres soient refermés hermétiquement.
Source : Jean-Jacques Dupuich, Abécédaire de l’alimentation du soldat en 14-18 : Du singe et du pain KK, YSEC Editions, 2012. Archives départementales de l’Hérault, BIB 6314
 
 
C’est en 1854 que débute la construction de la gare de Béziers chargée d’assurer la liaison Bordeaux-Marseille par Toulouse. La Compagnie du Midi donne le coup d’envoi. Béziers est alors le cœur viticole de l’Hérault et en pleine expansion économique. Très vite le rail concurrence victorieusement le transport fluvial et le quai aux vins de la gare de Béziers est encombré de barriques, futailles, wagons-foudres d’une capacité de plus de 100 hectolitres.
L’expansion de la vente des vins par le rail a grandement contribué à l’installation de la monoculture de la vigne.
 
Le vin contenu dans les tonneaux est acheminé jusqu’à la gare sur des charrettes ou autres, puis il est transvasé dans les wagons-foudres à l’aide d’un tuyau qui relie le tonneau au wagon. A l’arrivée, le vin contenu dans les wagons-réservoirs est transvasé de la même façon dans des tonneaux.
 
Expéditions des vins par wagons-foudres à la gare de Béziers, 11 février 1909. Carte postale
Archives départementales Hérault, 2 Fi CP 1179
 
Pendant le premier conflit mondial, une grande partie de la production viticole française est destinée aux armées. Dans le département de l'Hérault, et plus précisément dans la région de Béziers, le vin produit au sein des exploitations viticoles est acheminé par trains spéciaux vers la zone des armées.
 

Opérateur et cadreur : Marcel MALTER
Format d’origine : 35 mm – Noir et blanc – Muet
©ECPAD/France/1917/Auteur inconnu. Le vin de l'armée, septembre 1917.
 
A Béziers (Hérault, le 26/09/1917) aux docks de l'État, des fûts vides revenant des armées sont déchargés sur le quai maritime. Dans une gare ferroviaire, des ouvriers assurent, à l'aide de pompes mécaniques, les opérations de transvasement du vin dans des wagons foudres à destination du front.
Pour aller plus loin : site grandeguerre.herault.fr