PARTIE I : Des pleins pouvoirs aux accords de Montoire : Les prémices de l'Etat autoritaire

L'installation du nouveau pouvoir

 

Document 2 : Portrait de Philippe Pétain, chef de l'Etat français (cote ADH, 59 W 108)
Document 2 : Portrait de Philippe Pétain,
chef de l'Etat français (cote ADH, 59 W 108)

 

Le 10 juillet 1940 marque en France la fin de la Troisième République et la mise en place du gouvernement de Vichy. Le maréchal Pétain est la cheville ouvrière des grandes décisions du régime. Il impulse une nouvelle politique (la « Révolution nationale »). Elle repose sur les trois piliers Travail, Famille, Patrie qui remplacent la devise républicaine Liberté, Egalité, Fraternité. On voit émerger un pouvoir autoritaire  marqué par une volonté très forte d'encadrement de la société et l'extinction de toute vie démocratique. Le nouvel homme fort légitime la Collaboration en utilisant son aura et le capital de confiance né du mythe du « sauveur de Verdun » qu'il peaufina lui-même durant l'entre-deux-guerres. Après novembre 1942, ses pouvoirs sont affaiblis au profit de Pierre Laval. Néanmoins, il continue comme chef d'Etat à incarner la souveraineté de la France pendant toute la durée de la guerre. Pétain a pris à Vichy l'initiative d'une politique qui a permis à l'Allemagne d'exploiter, de pourchasser, de réprimer tous les opposants au régime nazi.
 

       Document 1.1 : La « Révolution nationale »  contre la démocratie (cote ADH, 1000 W 410)               Document 1.2 : La « Révolution nationale » contre la démocratie (cote ADH, 1000 W 410)
     Document 1.1 : La « Révolution            Document 1.2 : La « Révolution  
     nationale » contre la démocratie          nationale » contre la démocratie
         (cote ADH, 1000 W 410)                        (cote ADH, 1000 W 410)

 

Les premières victimes de la répression : l'exemple du parlementaire Vincent Badie

Vincent Badie est né en 1902 à Béziers. Il devient avocat au barreau de Montpellier en 1923. Sur le plan politique, il milite au sein du parti radical-socialiste. En 1931, il conquiert son premier mandat électif en devenant conseiller général du troisième canton de Montpellier. Cinq ans plus tard, ce jeune avocat devient député, puis maire de Paulhan en 1937.

A Vichy, le 9 juillet 1940, il prend l'initiative de la motion dite des « 27 » qui refuse la modification constitutionnelle que prépare Pierre Laval en faveur du maréchal Pétain. Le lendemain, il vote contre l'attribution des pleins pouvoirs. C'est donc un des 80 parlementaires qui a osé dire « non » au « héros de Verdun ». Les députés héraultais Paul Boulet et Jules Moch feront également ce premier acte de résistance. Très surveillé par la police du régime de Vichy, Vincent Badie n'hésite pas à plaider pour les résistants. Membre du mouvement Combat, il est arrêté par la Gestapo puis déporté à Dachau (de juin 1944 à avril 1945). Après la Libération, Vincent Badie retrouve ses mandats politiques et devient ministre des anciens combattants durant la Quatrième République.
 

         Document 3.1 : Notice individuelle de renseignement sur Vincent Badie (cote ADH, 1000 W 214)           Document 3.2 : Notice individuelle de renseignement sur Vincent Badie (cote ADH, 1000 W 214)

  Document 3.1 : Notice individuelle           Document 3.2 : Notice individuelle
de renseignement sur Vincent Badie         de renseignement sur Vincent Badie
        (cote ADH, 1000 W 214)                          (cote ADH, 1000 W 214)

 

Les communistes et les juifs

Afin de toucher toutes les couches de la société, la propagande devient un instrument de gouvernement indispensable. Le régime de Vichy diffuse des bandes dessinées véhiculant l'idéologie de la Révolution nationale.

Dans ces quelques vignettes, on perçoit d'abord une critique acerbe du communisme. Il est considéré comme « le fléau du monde ». Un quart de siècle après la Révolution de 1917, les services de l'information du gouvernement estiment qu'il s'agit d'une « doctrine de la haine issue de cerveaux juifs ». Karl Marx, le principal théoricien du communisme, est représenté sur la deuxième image. Sur la troisième, nous voyons Lénine l'un des principaux dirigeants de l'URSS. Les militants favorables à l'idéologie marxiste l'auraient insufflée aux soldats français engagés durant la Grande Guerre. Les mutineries de 1917 résulteraient de cette influence sournoise... Les responsables de l'Etat français montrent que leur vision du monde implique le rejet du communisme et des Juifs, associés dans ce qui peut apparaître comme un véritable complot mondial.
 

    Document 4.1 : Tract de propagande de Vichy (cote ADH, 1000 W 237)           Document 4.2 : Tract de propagande de Vichy (cote ADH, 1000 W 237)         
  Document 4.2 : Tract de         Document 4.1 : Tract de propagande de 
  propagande  de Vichy                   Vichy (cote ADH, 1000 W 237)
 (cote ADH, 1000 W 237) 

              
 

Document 2 : Portrait de Philippe Pétain, chef de l'Etat français (cote ADH, 59 W 108)
Document 2 : Portrait de Philippe Pétain, chef de l'Etat français (cote ADH, 59 W 108) Document 2 : Portrait de Philippe Pétain, chef de l'Etat français (cote ADH, 59 W 108) -