PARTIE III : Dans une France vasslisée : l'Etat milicien (1943-1944)

Ni la police, ni la gendarmerie, ni les Groupes Mobiles de Réserve (force civile de maintien de l'ordre, créée par une loi d'avril 1941), n'étaient en mesure de répondre aux exigences allemandes, d'où l'idée de Laval de créer une formation nouvelle. La loi du 30 janvier 1943 fonde la Milice, au coeur du processus de répression. Le noyau initial de cette nouvelle force existe, c'est le SOL (Service d'Ordre Légionnaire, 15 000 hommes). Elaboré en janvier 1942  et dirigé par Joseph Darnand, il émane de la Légion française des combattants. Cette structure regroupait toutes les associations d'anciens combattants existantes depuis les années trente. Son rôle essentiel était la diffusion des principes de la Révolution nationale.

 

Les nazis en action : la multiplication des assassinats

Très rapidement, une collaboration officieuse s'établit entre les services allemands et français pour la poursuite des opposants au régime nazi. Cette collaboration se concrétise après la rencontre entre Oberg, commandant des SS et de la Police, et Bousquet, Secrétaire général de la Police de Vichy, en 1942. Dès lors, la répression prend une nouvelle envergure, la lutte contre le « terrorisme » mobilise de façon de plus en plus importante, les forces allemandes, Gestapo, et Wehrmacht et les forces françaises. Dans l'ordonnance du 10 juillet 1942 voulue par Oberg, on peut noter : « J'ai constaté que ce sont souvent les proches parents des auteurs d'attentats, des saboteurs et des fauteurs de troubles, qui les ont aidés avant ou après leur forfait. Je me suis donc décidé à frapper des peines les plus sévères non seulement les auteurs... mais aussi, au cas où ils seraient en fuite, les familles des criminels s'ils ne se présentaient pas dans les dix jours à un service de police allemande ou française. En conséquence, j'annonce les peines suivantes :

1.Tous les proches parents masculins, les beaux-frères et cousins des fauteurs de troubles au-dessus de l'âge de dix-huit ans seront fusillés.
2. Toutes les femmes parentes au même degré, seront condamnées aux travaux forcés.

Les enfants de toutes les personnes ci-dessus, âgés de moins de dix-huit ans, seront confiés à une maison de redressement. »

La police de sécurité du Reich et le service de sécurité de la SS incarnent la terreur de l'idéologie national-socialiste. Ils sont déployés sur tout le territoire français en recevant le concours de la police française. La répression est la pierre d'angle de la collaboration. La lutte contre les maquis, les arrestations, les tortures et les déportations rythment la vie des individus engagés dans ces services chargés du maintien de l'ordre. Parmi les épisodes marquants, il faut noter que les rafles qui frappèrent les juifs au cours de l'été 1942 sont le résultat d'un travail commun entre l'appareil policier allemand et français.

Les documents sélectionnés illustrent cette collaboration étroite entre les services. Ils évoquent l'arrestation d'un officier aviateur, Pierre Colin, à Montpellier, en octobre 1943 , dans des circonstances mal définies ; l'annonce de son exécution est signifiée le 21 février 1944. Ce rapport tend à montrer l'arbitraire qui prévaut durant cette période.

Document 19.1 : les liens étroits entre les services de police allemands et français : l'exemple de l'affaire Colin, un résistant condamné et exécuté (cote ADH, 1000 W 219)
Document 19.1 : les liens étroits
entre les services de police allemands
et français : l'exemple de l'affaire Colin, 

un résistant condamné et exécuté 
(cote ADH, 1000 W 219)

 

Document 19.2 : les liens étroits entre les services de police allemands et français : l'exemple de l'affaire Colin, un résistant condamné et exécuté (cote ADH, 1000 W 219)
Document 19.2 : les liens étroits entre
les services de police allemands et français :
l'exemple de l'affaire Colin, un résistant
condamné et exécuté (cote ADH, 1000 W 219)

Document 20 : les liens étroits entre les services de police allemands et français : l'exemple de l'affaire Colin, un résistant condamné et exécuté (cote ADH, 1000 W 219)

 

Pierre Laval, le maître d'oeuvre de la collaboration

Pierre Laval, nommé ministre d'Etat le 23 juin 1940, milite pour l'obtention des pleins pouvoirs au maréchal Pétain le 10 juillet 1940. Apres la mise en place du gouvernement de Vichy, il devient vice- président du Conseil. La France s'engage alors dans une politique qui tient d'abord à la nécessité d'une entente franco-allemande ce qui signifie donner des gages de bonne volonté à l'Allemagne nazie et collaborer. Dans cet esprit, Laval prépare l'entrevue de Montoire entre Pétain et Hitler en octobre 1940. Il met aussi en place la politique de la Révolution nationale qui entraîne le changement des institutions françaises dans un sens autoritaire, c'est la fin de la démocratie. Un temps écarté du pouvoir, il est rappelé aux affaires en avril 1942 à la demande des Allemands. A partir de cette date, il cumule les ministères de l'Information, de l'Intérieur et des Affaires étrangères. Il mène alors une intense politique de collaboration avec l'Allemagne nazie. Dans un discours prononcé le 22 juin 1942, Laval précise : « Je souhaite la victoire allemande parce que sans elle, le bolchevisme demain s'installera partout ». L'instauration, après la Relève, du Service du Travail Obligatoire, l'aide apportée par la police parisienne à la rafle du Vélodrome d'hiver et plus largement l'implication du gouvernement de Vichy dans la déportation de juifs et la répression contre la Résistance, montrent à quel point il est aux ordres de l'occupant. A la fin de la guerre, Pierre Laval est jugé par la Haute Cour de justice. Il est condamné à mort et exécuté le 15 octobre dans l'enceinte de la prison de Fresnes.

Document 21 : Brochure présentant la politique de Laval (cote ADH, 59 W 108)
Document 21 : Brochure présentant la
politique de Laval (cote ADH, 59 W 108)

 

La mobilisation des "Français aryens"

La Légion des volontaires français contre le bolchevisme ( LVF) est créée à Paris le 5 août 1941. Elle est le symbole et l'organe de la collaboration militaire avec l'Allemagne nazie. C'est l'attaque allemande contre l'U.R.S.S., le 22 juin 1941, qui entraîne la création de cette force militaire française avec des soldats qui vont se battre sous l'uniforme allemand ; le gouvernement de Vichy n'ayant pas déclaré la guerre à l'U.R.S.S. Les motivations des hommes qui s'engagent sont nombreuses, la première étant de lutter contre le communisme, « en réunissant tous les  Français aryens  désireux de soutenir la politique du gouvernement ».

Le premier contingent, composé de 25 officiers et 800 hommes, arrive au camp de Déba (Pologne), le 8 septembre 1941. Par la suite, il est rejoint par environ 3500 hommes et une centaine d'officiers. Le gouvernement de Vichy donne toutes facilités juridiques et reste en contact direct avec le mouvement par l'intermédiaire des préfectures mais freine le recrutement. Quant au haut commandement allemand, il est plutôt hostile à l'engagement de Français sous l'uniforme allemandLe nombre total de Français ayant servi est de l'ordre de 40 000 à 50 000 personnes.

Des mouvements autres que la LVF existent aussi, comme la Légion tricolore, créée le 22 juin 1942. Il existe même une unité française de la Waffen SS où s'engagèrent un grand nombre de miliciens. En août 1944, les derniers combattants de la LVF seront versés d'office dans la Waffen SS.

 

Document 22 : Demande d'audience du délégué départemental de la Légion des Volontaires français au préfet délégué de l'Hérault, pour exposer les buts de l'association (cote ADH, 1000 W 411)
Document 22 : Demande d'audience du délégué
départemental de la Légion des Volontaires 

français au préfet délégué de l'Hérault, pour
exposer les buts de l'association 

(cote ADH, 1000 W 411)

 

La milice Française, le principal outil de la répression

Fondée le 30 janvier 1943 par l'Etat français, la Milice se veut une élite au service de la Révolution nationale sous la direction de Joseph Darnand. Véritable auxiliaire de la police allemande, elle va faire de la lutte contre la Résistance son combat prioritaire. Composée essentiellement de militants très zélés, souvent formés au sein du Service d'ordre légionnaire (SOL), elle est au cœur des rouages de l'Etat. Investis d'une double mission de répression et de propagande active en faveur de « l'ordre nouveau », les miliciens multiplient les activités paramilitaires contre les réseaux de la Résistance, pratiquent fréquemment des exécutions sommaires, tout en aidant la police allemande aux opérations de quadrillage, d'interrogatoires... Au sein de la Milice, il existe une structure très virulente, la Franc-Garde, qui regroupe les éléments les plus aptes aux opérations de maintien de l'ordre, s'inspire de la SS.

 

Document 23 : Portrait de Joseph Darnand (cote ADH, 59 W 108)
Document 23 : Portrait de Joseph Darnand
(cote ADH, 59 W 108)

Document 24 : Affiche de la Milice française (cote ADH, 1000 W 220)
Document 24 : Affiche de la Milice française
(cote ADH, 1000 W 220)

Document 25.1 : Discours de Joseph Darnand prononcé à Vichy pour la création de la Milice française (30 janvier 1943) (cote ADH, 59 W 71)
Document 25.1 : Discours de Joseph Darnand
prononcé à Vichy pour la création
de la Milice française (30 janvier 1943)
(cote ADH, 59 W 71)

Document 25.2 : Discours de Joseph Darnand prononcé à Vichy pour la création de la Milice française (30 janvier 1943) (cote ADH, 59 W 71
Document 25.2 : Discours de Joseph Darnand
prononcé à Vichy pour la création de la
Milice française (30 janvier 1943)
(cote ADH, 59 W 71)

 

Document 26 : Carte d'identité de milicien, 1943 (cote ADH, 59 W 102
Document 26 : Carte d'identité de milicien, 1943
(cote ADH, 59 W 102)

 

L'état d'esprit du milicien "type"

Cette lettre est un document exceptionnel. Elle a été adressée en juin 1944 à René Hoareau, le chef de la Milice dans l'Hérault. Ecrite par un milicien, qui avait sévi à ses côtés dans le département, elle nous permet de saisir à la fois la férocité et l'état d'exaltation prononcé de ces hommes issus de l'ultra collaboration. Il aborde son engagement dans l'Ain en mettant l'accent sur la bataille entre les Résistants et les miliciens sur la commune d'Illiat. Quelques citations extraites de la lettre nous donnent une très bonne illustration de son état d'esprit. Rendant compte de son combat contre les « terros » (c'est-à-dire les résistants, assimilés à des « terroristes » dans le langage des autorités de Vichy), il affirme être là pour « faire un grand nettoyage ». Il n'hésite pas à écrire : « ici nous faisons vraiment quelque chose, nous faisons la révolution ». L'auteur du courrier poursuit que « ces deux mois de baroud m'ont fait beaucoup de bien. Maintenant, je suis rôdé ».

Document 27 « Nous avons foutu la Marianne en l'air », lettre d'un milicien au chef de la Milice dans l'Hérault (22 juin 1944) (cote ADH, 181 J (non coté))   Document 27 « Nous avons foutu la Marianne en l'air », lettre d'un milicien au chef de la Milice dans l'Hérault (22 juin 1944) (cote ADH, 181 J (non coté))
 

Document 27 « Nous avons foutu la Marianne en l'air », lettre d'un milicien au chef de la Milice dans l'Hérault (22 juin 1944) (cote ADH, 181 J (non coté))    Document 27 « Nous avons foutu la Marianne en l'air », lettre d'un milicien au chef de la Milice dans l'Hérault (22 juin 1944) (cote ADH, 181 J (non coté))

Document 27 : « Nous avons foutu la Marianne en l'air », lettre d'un milicien
au chef de la Milice dans l'Hérault (22 juin 1944) (cote ADH, 181 J (non coté))

 

Une politique systématique d'enfermement

Un des lieux de mémoire de la répression à Montpellier est la prison de la 32ème, ancienne prison militaire qui devient le lieu d'enfermement de tous les opposants au régime. Le règlement est sévère, les cellules insalubres, la nourriture insuffisante et l'hygiène inexistante, les interrogatoires sont répétés et souvent musclés. L'itinéraire résistant d'André Dau le conduit, après son arrestation le 31 janvier 1944, d'abord au commissariat de police, puis à l'Intendance de police, et enfin, le 14 février 1944, à la prison de la 32ème(actuellement cours Gambetta). Son témoignage relate des conditions de détention particulièrement dures et humiliantes (voir le témoignage à la fin du dossier).

 

Document 28.1 : Rapport sur la prison de la 32e par Marcel Sollières (cote ADH, 1622 W 1)
Document 28.1 : Rapport sur la prison de la 32e
par Marcel Sollières (cote ADH, 1622 W 1)

 

Document 28.2 : Rapport sur la prison de la 32e par Marcel Sollières (cote ADH, 1622 W 1)
Document 28.2 : Rapport sur la prison de la 32e
par Marcel Sollières (cote ADH, 1622 W 1)

 

Document 28.3 : Rapport sur la prison de la 32e par Marcel Sollières (cote ADH, 1622 W 1)
Document 28.3 : Rapport sur la prison de la 32e
par Marcel Sollières (cote ADH, 1622 W 1)

 

Autres lieux de mémoire sont aussi la villa Saint-Antonin et la villa des Rosiers. Ces deux villas, situées avenue de Castelnau, abritaient les activités de la Gestapo. La villa Saint-Antonin était le siège administratif de la Gestapo, où le colonel SS Anzmann et le capitaine Hinrichs dirigeaient les services chargés de la répression. Des pièces étaient réservées aux interrogatoires, souvent violents. Une plaque, avenue de Castelnau, rappelle ce passé : « En ce lieu, qui fut de novembre 1942 à juillet 1944 le siège de la Gestapo, furent cruellement interrogés et torturés des centaines de résistants en préfiguration du peloton d'exécution ou de l'agonie lente des camps d'extermination nazie ». La villa des Rosiers, quant à elle, fut le lieu privilégié de tortures à la fois physiques et morales.

Située seulement à quelques dizaines de mètres de ces deux bâtiments, la caserne de Lauwe incarne une autre étape importante du calvaire enduré par les opposants du régime pétainiste. Elle a été réquisitionnée à partir de mai 1944 par les miliciens et leurs familles. Ces mercenaires, touchant des primes pour chaque suspect arrêté, commettent de nombreuses atrocités dans les caves, transformées en cachots. Des dizaines de cadavres seront retrouvés dans cet espace emblématique de la barbarie.

Notons également que bien des résistants étaient envoyés au camp de Compiègne (une ancienne caserne transformée en camp de transit) à destination d'Auschwitz-Birkenau. C'est le cas d'André Dau, arrivé à Compiègne le 9 mars 1944, qui partira pour Auschwitz et ensuite Buchenwald. Jusqu'au 28 août 1944, 54 000 personnes y sont internées : opposants au régime, élus, militants, communistes, syndicalistes, mais aussi Russes, Anglais et Juifs. Le 6 juillet 1942 part de Compiègne le 1er grand convoi de résistants déportés politiques de France. Il emmène à Auschwitz 11 075 hommes, pour la plupart communistes : c'est le convoi dit des « 45 000 ». Ils ne seront que 122 survivants. A partir de 1943, les convois de résistants déportés se multiplient. Le camp sert aussi de réservoir pour désigner les otages que les Allemands fusillent pour frapper l'opinion publique.

Document 29 : Notice de déporté politique d'André Dau (cote ADH 13 W 182/1)
Document 29 : Notice de déporté politique d'André Dau
(cote ADH 13 W 182/1)

 

Document 30 : Le couloir des cellules de la caserne de la 32e, photographie (CRHRD)
Document 30 : Le couloir des cellules de la caserne
de la 32e, photographie (CRHRD)

 


L'arrestation de Hers Charpak, alias Georges Charpentier

Georges Charpak, prix Nobel de physique (1992), est arrêté le 10 août 1943 par les brigades spéciales de la police de Vichy, pour des actions de Résistance, alors qu'il est un jeune étudiant à Montpellier.

Fils de juifs polonais, Georges Charpak était arrivé en France à l'âge de sept ans. Brillant élève, il suit les cours de mathématiques spéciales au lycée Saint-Louis de Paris. En juillet 1942, les rumeurs qui circulent sur les rafles de juifs l'obligent à partir et à se réfugier dans le sud, avec sa mère. A Montpellier, il s'inscrit au lycée Joffre sous le faux nom de Georges Charpentier et s'engage dans la Résistance. Charpak milite dans les jeunesses communistes, distribue des tracts aux chantiers de la Jeunesse, aide les réfractaires du STO  à se cacher. Arrêté, emprisonné, il est condamné, le 23 décembre 1943, à deux ans de prison. Il est transféré à la centrale d'Eysses (Lot-et-Garonne) où il rejoint d'autres résistants condamnés par les autorités françaises. En février 1944, le futur prix Nobel tente de s'évader, avec d'autres co-détenus, pour rejoindre les maquis. Condamné à mort par la cour martiale, il est livré, le 30 mai 1944, aux autorités allemandes et déporté à Dachau, puis dans le Kommando de Landsberg. Il en reviendra un an après.

 

Document 31.1 : Notice individuelle de Herz Charpak, établie lors de son arrestation, le 10 août 1943 (ADH, 796 W 36)
Document 31.1 : Notice individuelle de Herz Charpak,
établie lors de son arrestation, le 10 août 1943 (ADH, 796 W 36)

 

Document 31.2 : Notice individuelle de Herz Charpak, établie lors de son arrestation, le 10 août 1943 (ADH, 796 W 36)

Document 31.2 : Notice individuelle de Herz Charpak,
établie lors de son arrestation, le 10 août 1943 (ADH, 796 W 36)

 

Document 32 : Exemplaire de tract saisi sur Charpak à son arrestation (cote ADH, 796 W 36)
Document 32 : Exemplaire de tract saisi sur Charpak
à son arrestation (cote ADH, 796 W 36)

 

 

Pierre Marty, un intendant de police fanatique

Pierre Marty a été nommé Intendant de police à Montpellier en octobre 1943. Lorsqu'il arrive dans la région, il a déjà la réputation d'un tortionnaire. Né en 1900, ce sympathisant royaliste déploie une très grande activité contre les adversaires de l'Etat français. Constamment en relation avec la police allemande, Marty est épaulé par une équipe de militants d'extrême droite dévoués. On parle souvent de la « brigade Marty ». Elle se signale par la cruauté de ses méthodes. Les arrestations arbitraires, le pillage, le chantage, la torture à l'électricité, les exécutions sommaires sont fréquemment employés. En outre, Pierre Marty et sa « brigade » mènent avec la Milice des opérations contre les maquis. Il les noyaute, utilise des indicateurs avant de lancer de grands coups de filet visant à détruire toutes les poches de résistance en Languedoc. Jugé à Toulouse en 1948, Pierre Marty sera condamné à mort et exécuté.

 

Document 33.1 : Rapport de l'intendant de police Marty adressé au secrétaire général au Maintien de l'ordre sur les expéditions contre les maquis de l'Aveyron (cote ADH, 796 W 95)
Document 33.1 : Rapport de l'intendant de police
Marty adressé au secrétaire général au
Maintien de l'ordre sur les expéditions
contre les maquis de l'Aveyron (cote ADH, 796 W 95)

 

Document 33.2
Document 33.2

 

Document 33.3
Document 33.3

 

Les cours martiales, une arme de répression meutrière

Créées le 20 janvier 1944, les cours martiales représentent l'arme de répression légale la plus radicale et meurtrière adoptée par le régime de Vichy. Pour expéditives et sauvages qu'elles soient, elles ne relèvent pas du hasard, ne sont pas - comme on le croit - l'œuvre de quelques miliciens isolés. Au contraire, elles sont au cœur d'un système parfaitement réglementé, gérées de façon administrative et hiérarchique. Elles résultent d'une politique voulue et appliquée pour frapper fort à l'heure des affrontements les plus décisifs avec la Résistance. Rattachées au secrétariat du maintien de l'ordre, dirigé par Joseph Darnand, ces juridictions, sans sièges permanents et constituées au gré des circonstances, ont pour objectif de condamner à mort, suivant des procédures très rapides, les responsables d'attaques armées contre les partisans du régime en place. Dans le document joint, Antoine Mirallès fait partie des résistants exécutés dont le nom figure sur la stèle de la Madeleine.

 

Document 34 : Procès-verbal de jugement et d'exécution d'Antoine Mirallès, 14 mars 1944 (cote ADH, 1043 W 171)
Document 34 : Procès-verbal de jugement et
d'exécution d'Antoine Mirallès,
14 mars 1944 (cote ADH, 1043 W 171)

 

Lieux de mémoire et de répression

La butte de tir de la Madeleine à Villeneuve-les-Maguelone fut le théâtre d'une tragédie qui coûta la vie à seize résistants de la région R3. Ils étaient tous très jeunes. Louis Plantade, 19 ans, et Antoine Mirallès, 21 ans, F.T.P, appartenaient au maquis Grandel. Ils seront fusillés le 14 mars 1944. Henri Garcia, 23 ans et Louis Bonfils, 23 ans, succombent sous les balles le 22 mai 1944.
Pris à la suite d'une tentative de sabotage de l'usine électrique et du pont de Castelnau-Montpellier, trois membres des groupes Francs de Montpellier sont condamnés à mort par une cour martiale. Il s'agit de : Raymond Migliario, 17 ans, Jean-Marie Pitangue, 17 ans, Georges Pierrue, 23 ans. Ils seront fusillés le 31 mai 1944.
Le même jour, trois autres personnes subissent une exécution identique : Louis Rachinel, 31 ans, François Gaussen, 19 ans, Aimé Sauvebois, 23 ans.
Au cours d'une mission, manquée à la suite d'une dénonciation, six membres du groupe FTP de Perpignan sont arrêtés et condamnés à mort par une cour martiale : Roger Menuisier, 22 ans, gardien de la paix, René Senegas, 22 ans, Pierre Auriol, 38 ans, chauffeur, Gabriel Hispa, 30 ans, gardien de la paix, Joseph Sauri, 25 ans, cultivateur, Pierre Stroll, 22 ans, employé SNCF. Ils sont fusillés les 30 juin et 11 juillet 1944.

 

Document 35 : Stèle des fusillés de la Madeleine
Document 35 : Stèle des fusillés de la Madeleine


L'historien Gérard Bouladou est l'auteur d'un travail pionnier sur la Seconde Guerre mondiale en Languedoc. La carte met en exergue les opérations menées par les Allemands contre les maquis héraultais.

 

Document 36 : Carte des maquis du Languedoc dans la Libération - Extrait de Gérard Bouladou, L'Hérault dans la Résistance (1940-1944), Nîmes, Lacour, 1992
Document 36 : Carte des maquis du Languedoc dans la Libération -
Extrait de Gérard Bouladou, L'Hérault dans la Résistance (1940-1944),
Nîmes, Lacour, 1992

 

 

 

 

 

 


 


 

 

 

Document 19.1 : les liens étroits entre les services de police allemands et français : l'exemple de l'affaire Colin, un résistant condamné et exécuté (cote ADH, 1000 W 219)
Document 19.1 : les liens étroits entre les services de police allemands et français : l'exemple de l'affaire Colin, un résistant condamné et exécuté (cote ADH, 1000 W 219) Document 19.1 : les liens étroits entre les services de police allemands et français : l'exemple de l'affaire Colin, un résistant condamné et exécuté (cote ADH, 1000 W 219) -