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31 octobre 1517 : les 95 thèses de Luther - Zoom sur...

Il y a 500 ans, Martin Luther affiche 95 thèses sur les portes de la chapelle du château de Wittemberg.

Le 31 octobre 1517, Martin Luther, moine augustin allemand, enseignant et prédicant à Wittemberg affiche sur la porte de l’église de la Toussaint de Wittemberg ses 95 thèses contre le commerce des indulgences.

Maison de Luther à Wittemberg.

Ainsi débute officiellement un mouvement de réforme religieuse – bientôt appelée Réforme puis protestantisme – qui se développe de manière fulgurante au début du XVIème siècle, véritable « révolution » spirituelle, mais aussi politique et sociale, de la Renaissance.

En 1517, Luther s’insurge donc contre la pratique du commerce des indulgences qui consiste à faire payer par les croyants une indulgence pour la rémission de tout ou partie de leurs péchés. Au-delà de cet aspect, Luther prône une réforme de l’Église, plaçant le salut par la foi et la question de la grâce au cœur de la vie chrétienne. Il est rapidement excommunié par l’Église catholique (1521).

Martin Luther (1483-1546), huile sur toile de Lucas Cranach l'Ancien, 1528.

Mais loin d’endiguer l’hérésie, la controverse théologique s’accentue, poussant Luther à affiner sa doctrine (opposition au dogme du purgatoire, remise en cause de l’infaillibilité des conciles, suppression des sacrements non évangéliques, fin du célibat…). Les thèses de Luther rencontrent un succès immédiat en Allemagne, soutenues par certains princes ou seigneurs. Puis, par le biais des marchands, des étudiants, des imprimeurs, la nouvelle doctrine se répand dans une bonne partie de l’Europe, notamment en France. Les thèses de Luther sont d’ailleurs reprises et développées par d’autres théoriciens du protestantisme dont le plus célèbre d’entre eux est Jean Calvin qui publie en 1536 l’Institution de la Religion. En France, c’est surtout la vision calviniste du protestantisme qui s’implante.

Institutio Christianae religionis (Institutes of Christian religion). Geneva: Robert Estienne, 1559.

En Languedoc, la Réforme, amenée par les marchands fréquentant les foires ou les étudiants allemands, notamment en médecine, ou les colporteurs, prend racine durablement. En 1528, un procès contre trois étudiants de l’université de Montpellier accusés d’hérésie a lieu au Parlement de Toulouse. En 1534, un colporteur possédant des livres interdits est exécuté à Montpellier. Certains seigneurs, tel celui de Poussan (Dominique de Narbonne), n’hésitent pas à jouer les prédicateurs. Dans les années 1550, des pasteurs, souvent formés à Genève, parcourent l’arrière-pays montpelliérain et le littoral, prenant le relais des premiers « prêcheurs » réformés, souvent issus comme Luther d’ordres religieux (augustins ou dominicains).

L'Assemblée surprise, peinture de Karl Girardet, 1842 : assemblée de Protestants surprise par des troupes catholiques

A partir des années 1560, les thèses de Luther, dans leur version calviniste, sont durablement implantées en Bas et Haut Languedoc. Partout, notamment en Cévennes, se « dressent » des églises bientôt appelées temples. Mais le temps de la guerre civile et des violences religieuses accompagne aussi ce temps de conquête spirituelle, et ce, pour plus de deux siècles. Cependant, la présence d’une tenace communauté protestante qui s’est maintenue malgré les persécutions est un phénomène qui aura marqué durablement la physionomie et la personnalité historique du département.

 

Adresse :
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