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Concours de la Résistance et de la Déportation 2008-2009 - Dossier pédagogique

Montpellier - pierresvives
Couverture du dossier pédagogique du Concours de la résistance et de la déportation 2008-2009
Couverture du dossier pédagogique du Concours de la résistance et de la déportation 2008-2009 Archives départementales de l'Hérault
Thème du concours en 2008-2009 : « Les enfants et les adolescents dans le système concentrationnaire nazi »

 

Dans les orientations proposées par les organisateurs, il était précisé que l'on devait « s'interroger sur les raisons qui ont conduit des jeunes à être plongés dans les situations extrêmes du système concentrationnaire, sur le sort qui leur fut réservé et de réfléchir également aux avancées constatées depuis dans le monde, en matière de protection de l'enfance ». Afin d'affiner la réflexion, quatre axes de travail étaitent proposés par les responsables du concours : 

  • Des enfants et des adolescents dans le système concentrationnaire : pourquoi et comment ?
    • Persécutions et exterminations « raciales »
    • Le traitement des populations des territoires destinés à la colonisation et à la germanisation
    • Répression dans les pays occupés
    • Les nouveaux-nés en camp de concentration

 

  • Sort des enfants et des adolescents dans le système concentrationnaire
    • Le cas particulier de Tezerin : un camp-ghetto pour les familles juives
    • Vers l'extermination
    • Enfants et adolescents tziganesEnfants ou jeunes cobayes
    • Enfants nés en camp
    • Autres enfants et adolescents dans les camps de concentration

 

  • Après les camps
    • Libération
    • Retour : accueil et difficile réadaptation
    • Séquelles
    • Garder la mémoire
    • Evolution de la protection de l'enfance dans le monde
    • Aujourd'hui


Les documents conservés aux Archives départementales permettent de reconstituer en partie le contexte historique national et local de ce sujet au regard du thème proposé, les documents sélectionnés portent essentiellement sur le premier axe de travail, même si le témoignage audiovisuel d'un rescapé des camps est également consultable.

De France, 11 000 enfants de moins de 16 ans ont été déportés parce qu'ils furent victimes de mesures de persécutions décidés par le régime de Vichy. En effet, les Etats occupés ou alliés de l'Allemagne sont entraînés dans cette spirale génocidaire qui devient en quelque sorte le symbole de la domination allemande sur le continent. Comme le montre bien le travail pionnier de Laurent Joly (Vichy dans la « solution finale ». Histoire du Commissariat général aux questions juives (1941-1944), Paris, Grasset, 2006), les dirigeants de l'Etat français vont jouer un rôle décisif. Très imprégnés par les courants politiques nationalistes stigmatisant les juifs depuis la fin du XIXe siècle, ils mettent en œuvre rapidement une législation basée sur l'exclusion et développent une violente propagande antijuive. La loi du 18 octobre 1940 confère aux préfets le pouvoir d'interner « les étrangers de race juive » dans des camps spéciaux. Le 2 juin 1941 est promulgué le second statut des juifs. Il durcit les mesures à leurs égards, met en place une procédure de recensement systématique et indique les sanctions contre ceux qui y contreviennent. Dès cette époque, les autorités hexagonales remettent à l'Allemagne les juifs étrangers (ou redevenus tels après dénaturalisation) considérés comme « indésirables ». Le Commissariat général aux questions juives fut le principal outil créé par le régime de Pétain. Il bénéficie du concours de l'ensemble de l'administration française pour mettre en œuvre une politique antisémite particulièrement visible dans le Languedoc et le Roussillon qui comptent plusieurs camps d'internement. Par exemple, le camp de Rivesaltes devient, selon Serge Klarsfeld, « le Drancy de la Zone Sud ». Six semaines après la rafle du Vel d'Hiv, organisée le 16 juillet 1942, la traque s'intensifie sur la façade méridionale. Plus de 2300 juifs transitent alors à Rivesaltes avant d'être envoyés à Drancy puis en Allemagne. 

Les documents reproduits dans ce dossier sont majoritairement des rapports établis par les services administratifs. Ils rendent compte de la détermination des fonctionnaires du régime qui va s'accentuer à partir de 1942. La plupart des textes évoquent le département de l'Hérault. Cependant, nous avons retenu des informations qui pouvaient également éclairer le climat politique général. Le vocabulaire spécifique des agents chargés de mettre en œuvre la politique du gouvernement doit aussi être pris en compte. Il dénote le manque d'humanité criant de ces individus durant les « années noires ». Une attention particulière a été portée sur les archives évoquant le sort réservé aux enfants et aux adolescents. Les informations disponibles sur cet aspect demeurent malgré tout assez limitées. 

 

Doc 1 :  Incidents antisémites dans la commune d'Espalion (Aveyron) en septembre 1942 : Rapport de l'Intendant régional de police au préfet régional, septembre-octobre 1942. (18 W 10, pièces 349-353). 

Ces rapports permettent de mesurer l'enracinement de la haine et le désarroi de la communauté juive.  

Doc 2 : Mesures administratives détaillées expliquant que « tous les juifs résidant sur l'ensemble du territoire et entrés en France après le 1er janvier 1936 doivent être groupés dans des compagnies de travailleurs étrangers (TE) ou dans des centres spéciaux ». Instructions du ministère de l'Intérieur aux préfets régionaux, 2 janvier 1942. (18 W 10, pièces 172-175).

Doc 3 : Recensement des enfants et des adolescents israélites incorporables dans des centres de reclassement professionnel en application de la circulaire du 12 janvier 1942, avril 1942.  (15 W 109, pièces 197-198).

Doc 4 : Planification de la rafle effectuée en août 1942. (18 W 12, pièces 797, 799, 1115, 1211, 1213, 1215, 1217, 1219, 1221) - (15 W 109). 

Doc 5 : Directives très strictes de l'Etat français pour « libérer totalement la région de tous les juifs étrangers », 22 août 1942 (8 W 12, pièce 977). 

Doc 6 : Lettres de Jules-Géraud Saliège, archevêque de Toulouse et de de Pierre-Maris, évêque de Montauban, s'insurgeant contre la répression touchant les juifs « traités comme un vil troupeau ». Ces lettres sont à lire dans les églises des deux diocèses, 30 août 1942  (18 W 12, pièces 817, 823, 825, 841).

Doc 7 : Instruction de la préfecture de l'Hérault à l'Intendance de police sommant de diriger les enfants israélites en colonie dans le département vers Rivesaltes afin de « ne pas séparer parents et enfants israélites », 1er septembre 1942 (18 W 12, pièce 965).

Doc 8 : Rapport très circonstancié évoquant « les opérations de ramassage et de transfèrement à Agde des israélites ». Déroulement de la rafle du 26 août 1942 : rapport du préfet de l'Hérault au préfet de région, 3 septembre 1942 (18 W 12, pièces 1193-1195 ; 1199-1200 ; 1203 ).

Plusieurs données chiffrées concernent les enfants.

Doc 9 : « Correspondance express » : modalités de transfert par convois des Israélites vers la zone occupée :  rapport de police, 18 septembre 1942 (18 W 12, pièce 1209). 

Cette correspondance évoque notamment un « convoi composé d'un wagon à bestiaux et d'une voiture voyageurs réservée aux femmes et enfants malades ». 

Doc 10 : Déroulement des rafles du 23 et 24 août 1942 au camp d'Agde : rapports du délégué du groupement de la main d'œuvre étrangère au chef du groupement, décembre 1942 (15 W 35, pièces 51-53, 55)

Plusieurs rapports reviennent sur « le ramassage des israélites le 23 et 24 août 1942 dans le département de l'Hérault ». Le vocabulaire utilisé est intéressant. On peut être frappé par deux éléments. D'une part, les clichés à propos des juifs sont très présents (Rapport du 11 décembre 1942) et, d'autre part, un responsable administratif présentant les différentes étapes du « ramassage » indique : « l'embarquement a été fait dans des fourgons ordinaires que nous avons garnis de paille obtenue par la préfecture. Si l'on songe que le convoi comprenait bon nombre de femmes et d'enfants de tous âges, on peut admettre qu'il aurait pu être prévu des wagons de voyageurs ».

Doc 11 : Secours aux familles de travailleurs étrangers israélites » : rapport du délégué départemental de la MOE au délégué régional, 19 mars 1943 (15 W 109, pièces 467-468). 

On y évoque le sort qui leur est réservé notamment sur leur destination vers l'Allemagne.

Doc 12 : Requête du curé de Saint-Martin-de-Londres (Hérault) exercée auprès du préfet de l'Hérault en faveur de deux enfants israélites laissés sans mère, 14 avril 1943 (18 W 10, pièces 116, 117, 119-120). 

Il sollicite les autorités car des enfants réfugiés dans sa commune se désolent de « l'absence de leur mère » internée à Gurs (Basse-Pyrénées).  

Doc 13 : Déclaration d'appartenance à la race juive et d'infraction aux lois raciales de 1941 et 1942 : procès verbal de police, 18 novembre 1943 (18 W 12, pièces 1257 et 1259). 

Rapport d'un inspecteur à propos d'une dame qui a des difficultés à prouver son appartenance à la « race aryenne ». Dans l'impossibilité d'apporter des preuves suffisantes, la dame est considérée comme « juive ».

Doc 14 :  Secours aux Israélites : programme de travail du comité régional d'entraide aux Israélites de  France adressé au préfet de l'Hérault, 14 octobre 1944 (999 W 123, pièces 515, 517, 519, 521).  

On évoque le programme de travail, en particulier pour les enfants. 

Doc 15 : Correspondance reçue par Mlle Hirsch. Petit carnet rouge taille A 6 avec références au placement des enfants par Mme Zlatin. Petites fiches écrites à la main. 1941-1942. (15 W 125)

Témoignage audiovisuel : enregistrements de Bernard Gros et de Madeleine Bolla.

Il témoigne de ses premières actions de résistance (son appartenance au réseau Renard,  dépendant de la Confrérie Notre-Dame, reconnu comme unité combattante du 01/11/40 au 30/09/44), des sabotages et de la distribution de tracts à 14 ans. Il est arrêté le 25 février 1944 au lycée, incarcéré à la prison de la Pierre-Levée à Poitiers puis à Fresnes. Il est déporté au Struthof puis à Dachau, au Kommando d'Allach. Il est libéré le 29 avril 1945 et ne rentrera en France qu'en 1949 après 4 ans de sanatorium en Forêt Noire 

 

Adresse :
907 avenue du professeur Blayac 34 Montpellier