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La musique aux Etats de Languedoc - Fiche de présentation

Compte du concours de musique des Etats en 1684
Compte du concours de musique des Etats en 1684

ADH, C 9112...

Convoquée chaque année par le roi dans une ville de Languedoc, l'assemblée des trois ordres des États de Languedoc pouvait durer plus de deux mois et donnait lieu à de nombreuses cérémonies profanes et religieuses, où la musique avait une grande part.

Les maîtres de musique des Etats

 

Les Etats faisaient appel à des bandes de violons pour les processions, et pour les messes quotidiennes au maître de musique et à l'organiste d'une cathédrale qui n'était pas toujours celle de la ville où se déroulait la session. Au milieu du XVIIe siècle, on note la présence fréquente de Paul de La Pierre et de ses compagnons violons (voir notamment les comptes de 1646 à 1661, C 8860-8877). En 1650 et 1656 la troupe de Molière joua pour les Etats (quittances autographes sous les cotes C 9060/1 et C 9065/1). En 1664 un sieur Jouve est désigné dans les comptes comme maître de la musique des Etats (C 8881). En 1667, pour s'attacher les services d'Étienne Moulinié, les États le nommèrent à vie intendant et maître de musique, « désirans tesmoigner audit sieur Molinier la satisfaction particulière qu’ils ont de sa conduitte et de sa capacité extraordinnaire au fait de la musique […], luy ordonnant de se rendre tous les ans au lieu où sera convoqué l’assemblée et de composer une musique de seize meilleures voix de la province, sans à ce comprendre l’organiste qui y sera tous les ans ; pour raison de quoy il sera payé audit sieur Molinier à la fin de chasque tenue des Estats la somme de cinq mil livres, […] l’assemblée ne luy ayant accordé ledit employ que par la seulle considération qu’ils ont de son méritte personnel et de la réputation qu’il s’est acquise à la cour d’un des meilleurs maistres de musique du royaume » (C 7150). Par la suite, les fonctions d'intendant et maître de musique des États furent confiées également à vie, l'assemblée se réservant le pouvoir de nommer à la survivance de cette charge. Jean Granouilhet de La Sablière, intendant de la musique du duc d'Orléans, reçut ainsi en 1676 la survivance de la charge de Moulinié, alors « vieux et incommodé  » (C 7186), et l'exerça dès la session de 1676-1677. Après la mort de Granouilhet, en 1684, les Etats organisèrent un concours auquel se présentèrent sept candidats, dont André Campra (C 9112).

 

« Estat de ce qui a esté donné […] sur le fondz de la musique des Estatz
aux maîtres de musique qui ont fait chanter… ». 1684. C 9112.

Sans doute mal inspirés, les Etats lui préférèrent le maître de musique de la cathédrale de Montpellier, André Mallet. Jean-Baptiste Moreau fut reçu à la survivance de Mallet en 1692 (C 7265) ; quand il démissionna en 1706, les Etats confièrent la charge à André Mallet fils (C 7332). Un sieur Cupidon en reçut la survivance en 1770.

Les sources

 

L'histoire musicale des Etats reste à écrire. Elle peut se baser sur des sources nombreuses et sans hiatus :

  • Les délibérations des Etats, dont il existe plusieurs exemplaires conservés dans les archives départementales du ressort de l'ancienne province. A partir de 1777 elles furent imprimées. Les archives départementales de l'Hérault ont l'avantage d'avoir en plus pour chaque sessions une version de l'exemplaire destiné au roi, qui présente un texte distinct (C 6999-7648).

  • Les comptes des sessions des Etats (C 8850-8992) et leurs pièces justificatives (C 8993-9360). La somme avancée chaque année par le trésorier de la bourse des États pour la musique donnait lieu à un comptereau plus détaillé accompagné des mandements et quittances des musiciens.

Compte de la session de 1675-1676 (C 9093). Dépense de 5000 livres pour Etienne Moulinié ; quittance holographe du 15 février 1675,

  • Certaines cérémonies particulières, notamment les services funèbres qui se déroulaient pendant la tenue des Etats, sont documentées dans le détail par les délibérations et mêmes quelques dessins, qui ont été numérisés et sont consultables en ligne. Les services en l'honneur de la reine Marie-Thérèse donnèrent lieu à des planches gravées (La pompe funèbre faite à l'honneur de Marie-Thérèse d'Autriche... dans l'église de Notre-Dame des Tables de la ville de Montpelier, par ordre des états généraux de la province de Languedoc, le 25 octobre 1683, Montpellier, J. Boude et D. Pech, s.d. ; un tirage des gravures figure dans le registre de délibérations C 7220).

  • Des documents plus tardifs, sans doute des années 1730-1750, permettent de connaître la musique alors en usage aux États. Conservés dans les archives des États, une « Liste des motets à grand chœur dont on peut fournir les partitions » et un « Mémoire des motets que j'ay à vendre en partition à grand chœur » sont sans doute des catalogues de marchands de musique adressés aux États, qui permettent d'avoir une idée de la musique jouée lors des sessions (C 8144).

 

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