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Le port d'Agde - Zoom sur...

Agde
Plan et sondes du grau d'Agde, 1735 (C 12311/3)
Plan et sondes du grau d'Agde, 1735 (C 12311/3) Archives départementales de l'Hérault

Les plans de ports du Languedoc : pour une histoire de l'espace littoral aux XVIIe et XVIIIe siècles, par Stéphane Durand - Revenir à la page d'introduction

Ancienne création grecque du Ve siècle[1], le port d'Agde s'était développé au Moyen Age, malgré une rude concurrence d'Aigues-Mortes défendant ses privilèges royaux[2]. A l'extrême fin du XVIe siècle, l'abandon du Languedoc oriental comme terrain d'investissement maritime au profit du littoral du diocèse d'Agde ouvrait au port de cette ville de nouvelles perspectives.

Elles se présentent d'abord sous la forme d'un projet de construction d'un port au cap d'Agde, face à l'îlot de Brescou, où un fort permet de surveiller ces parages maritimes. Avec l'aide des Etats de Languedoc, forcés de contribuer à l'ouvrage, le cardinal de Richelieu fait lancer les travaux du port de Brescou en 1633 (cf. C 12308/1, Projet d'aménagement du fréau de Brescou, v. 1634). Menés jusqu'au milieu des années 1650, les travaux sont interrompus pour des raisons techniques. Les cartes dressées quelques années plus tard, en 1662, pour entreprendre des travaux de réparation donnent une image de l'état réel des infrastructures (cf. C 12308/2, Plan du port de Brescou, 1662). Cependant, les choix politiques effectués à la cour et aux Etats écartent toute amélioration immédiate du « môle d'Agde », ainsi qu'on nomme alors le port de Brescou. La faveur se porte alors sur Sète, port créé ex nihilo.

A l'issue de la guerre de la Ligue d'Augsbourg (1689-1697), le pouvoir royal décide de relancer les travaux portuaires sur la côte du Languedoc, en doublant le chantier sétois d'un autre lieu d'aménagement : le grau d'Agde, embouchure du fleuve Hérault. Le but est alors de stabiliser les rives du grau et de le protéger de l'ensablement (cf. C 4268/1, Carte du grau d'Agde, 1698). Ouvert en 1698, le chantier du grau d'Agde prévoit la construction d'une jetée sur la rive occidentale du fleuve et d'une digue sur la rive orientale.

Les ouvrages ainsi réalisés provoquent en fait un accroissement de l'ensablement, qui suscite les plus grandes alarmes à l'hiver 1735, lorsqu'une barre de sable menace de fermer le grau (cf. C 12311/3, Plan et sondes du grau d'Agde, 1735). Les ingénieurs du roi recherchent alors une solution définitive à ce problème récurrent. La première qu'ils imaginent et mettent en œuvre consiste à canaliser le fleuve, depuis la ville jusqu'au grau, pour bénéficier d'un effet de chasse (cf. C 12311/5, Plan du cours de la rivière d'Hérault, 1762). Néanmoins, cette solution se révèle insuffisante au début des années 1780.

 

[1] Danièle Roman, Histoire de la Gaule, VIe siècle av. J.-C. - Ier siècle ap. J.-C. Une confrontation culturelle, Paris, Fayard, 1997, p. 280-283.

[2] André Castaldo, Le consulat médiéval d'Agde (XIIIe-XIVe siècles), Paris, A. et J. Picard, 1974, 633 p., passim.