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Les mémoires de Résistance de Joseph Lanet - Publication

Couverture de l'ouvrage "Les Mémoires de résistance de Joseph Lanet"
Couverture de l'ouvrage "Les Mémoires de résistance de Joseph Lanet" Archives départementales de l'Hérault

 

A l'occasion du 70e anniversaire de l'appel du 18 juin, les Archives départementales ont publié les Mémoires de Résistance de Joseph Lanet, qui relatent ses activités entre 1942 et 1944 en vue de créer et d'organiser l'Armée secrète du mouvement Combat dans la région de Béziers, Saint-Pons, Bédarieux et Narbonne. Resté inachevé par la mort de son auteur en 1974, dispersé, le manuscrit des Mémoires avait toutes les chances de disparaître dans l'oubli, n'étaient la ténacité et l'ardeur de quelques personnes qui ont permis qu'il soit aujourd'hui déposé aux archives départementales et publié dans une édition scientifique préparée par Guy Roger, petit-neveu de l'auteur, et les archives départementales.

 

Joseph Lanet

Né le 20 décembre 1912 à Puisserguier dans l'Hérault, fils de Joseph Lanet, "marchand de nouveautés" et de Lucie Bonnafous, Joseph Lanet effectue des études primaires dans son village natal, puis des études secondaires au collège privé Saint-Benoît d'Ardouane. Après le baccalauréat, il poursuit des études de droit à la faculté de Montpellier. Il accomplit son service militaire et s'installe à Béziers comme agent général d'assurances.

Le 26 août 1939, rappelé à l'activité sous les drapeaux comme brigadier-chef, Joseph Lanet est affecté au 94e régiment d'artillerie de montagne. Il participe à la campagne de France en mai-juin 1940. Fait prisonnier le 8 juin 1940, il est interné au stalag XB (Sandbostel), puis rapatrié sanitaire en France le 15 mai 1941. Démobilisé à Montpellier le 1er avril 1941, il rentre à Béziers et reprend son cabinet d'assurances.

En février 1942, Pierre Malafosse, avocat à Béziers et condisciple de faculté, propose à Joseph Lanet de participer à l'organisation de la Résistance à Béziers. Joseph Lanet est rapidement intégré au mouvement Combat. Il crée et organise dans le Biterrois l'Armée secrète, devenant en 1943 chef de la sous-région R 3-2 (Béziers, Sète, Saint-Pons-de-Thomières, Bédarieux, Narbonne). Recherché par la Gestapo, il entre dans la clandestinité. Après le premier parachutage d'armes en novembre 1943, il se charge notamment d'organiser les sabotages qui déstabiliseront les troupes allemandes avant et après le débarquement.

En août 1944, Joseph Lanet est membre du Comité de Libération de Béziers, puis au printemps 1945, après les premières élections libres, il est élu conseiller municipal et deuxième adjoint au maire de Béziers. Parallèlement à sa carrière politique, Joseph Lanet est président de la section départementale du MLN (Mouvement de Libération Nationale) et prend la direction des journaux Béziers Libre en 1944, puis Béziers républicain en 1944-1945.

Il est l'un des fondateurs, aux côtés de François Mitterrand, de l'Union démocratique et socialiste de la Résistance (UDSR), dont il démissionne en 1951. Il est député de la Seine, secrétaire d'État dans le gouvernement Mendès-France et sénateur.

Les mémoires de résistance

Après un accident cardiaque en septembre 1973, Joseph Lanet entreprend de rédiger le récit de son action dans la Résistance. Il s'appuie sur des documents qu'il a conservés et reprend contact avec ses anciens camarades, notamment Francis Jouvin alias Cabrol, Fernand Pagès alias Dessenne, Jean Durand alis Roch et Jean Bène, alors président du Conseil général. Ils l'aident à rassembler documents et témoignages, et à préciser ses souvenirs. Joseph Lanet meurt à Rivesaltes d'un infarctus le 6 septembre 1974, laissant un manuscrit inachevé, qui sera dispersé à sa mort avant d'être, après biens des tribulations, rassemblé et conservé aux Archives départementales de l'Hérault.

C'est ce document inédit qui est présenté ici, dans une édition scientifique établie par Guy Roger, petit-neveu de Joseph Lanet, et les Archives départementales de l'Hérault. La fin du récit de Joseph Lanet, qui s'interrompt peu après le massacre de Fontjun, a pu être reconstituée à partir des notes qu'il avait rassemblées, d'articles écrits à la Libération et d'autres témoignages.

Les Mémoires de Résistance de Joseph Lanet apportent une multitude de précisions inédites sur la Résistance dans l'Hérault. Le souci de Joseph Lanet de rapporter avec le plus grand soin les faits, en confrontant ses souvenirs aux documents et aux témoignages de ses camarades, apporte à son récit une très grande garantie d'exactitude. C'est non seulement un document historique de première importance pour l'histoire de la Résistance dans l'Hérault, mais aussi un récit très vivant, servi par une plume maîtrisée, qui plonge le lecteur au cœur des événements de la période 1942-1944.

Le fonds Joseph Lanet

Outre le manuscrit des Mémoires, Guy Roger a déposé aux Archives départementales l'ensemble des documents qu'il possède sur son grand-oncle, qui forment aujourd'hui la sous-série 177 J des Archives départementales. Ils couvrent toute la vie de Joseph Lanet et contiennent notamment, pour la période de la guerre et de la Libération, des documents originaux de première importance. Classés et inventoriés, ils sont librement communicables dans la salle de lecture des Archives départementales. Certains articles ont été numérisés et sont également consultables en ligne, via l'inventaire : le procès-verbal original de la séance constitutive du Comité de Libération de Saint-Pons-de-Thomières le 11 août 1944 (177 J 14), les procès-verbaux des premières séances du Comité de Libération de Béziers (177 J 15), et les très rares exemplaires des journaux Béziers libre (177 J 16) et Béziers républicain (177 J 17).

Comment commander ?

 

Les Mémoires de Résistance de Joseph Lanet (238 p.-8 p. d'illustrations, préface historique, notices biographies, index) ont été coéditées par le Conseil général de l'Hérault et les éditions Delatour.

L'ouvrage est disponible à l'accueil des Archives départementales, au prix de 21,10 euros. Il peut être commandé en ligne sur le site des éditions Delatour ou par correspondance auprès des Archives départementales, en envoyant un chèque incluant les frais de port (25,25 euros) à l'ordre de la Paierie départementale de l'Hérault.