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Plan du grau de La Nouvelle (1662) - Zoom sur...

Plan du grau de La Nouvelle (1662) (Cote ADH, C 12344/2)
Plan du grau de La Nouvelle (1662) (Cote ADH, C 12344/2) Archives départementales de l'Hérault

Ce plan du grau de La Nouvelle, point de communication entre la Méditerranée et l'étang de Bages, représente l'état de la voie de communication qui mène de la mer à Narbonne, ici dans sa partie inférieure.

Ce document est issu d'une visite d'inspection menée sur l'ensemble du littoral languedocien par Isaac Petit, ingénieur du roi, et Claude Terrisse, capitaine d'Agde. Il accompagnait probablement le devis de travaux du sieur Isaac Petit, daté du 14 octobre 1662 à Pézenas et remis au greffe du roi et des Etats.

Ce « Plan du grau de la Nouvelle », orienté à l'ESE en haut de la feuille (le plan porte lui-même une rose des vents montrant le nord), est probablement l'œuvre d'Isaac Petit, ingénieur du roi.

 

Texte et légende

Plan du grau de La Nouvelle (1662)
Plan du grau de La Nouvelle (1662)

 

En haut de la feuille : « La Mer ».

Dans la partie droite : « A grau » ; « tour du grau » ; « canal » et de part et d'autre de celui-ci « Plage ». En dessous : « bastiment de la nouvelle ».

En bas de la feuille : « Bassin de l'estang de Bages », sur la périphérie « Baffont ».

Du bassin au grau : « C goulletallade B ».

Dans la partie gauche : « canal quy vient de Narbonne », débouchant sur « D Ban de sable » ; au-dessus : « s(ain)te lucie » et « hermitage ».

 

Contexte

Au début de 1662, alors que les Etats de Languedoc s'inquiètent depuis plusieurs années de l'état du commerce maritime de la province, une visite générale du littoral est diligentée sous l'autorité du prince de Conti. Elle doit aboutir à un diagnostic préalable à une reprise des investissements sur ce littoral. Deux commissions des Etats successives sont chargées d'examiner l'affaire pour décider des travaux à entreprendre.

Les éléments représentés sur le plan
  • La voie d'eau.

La principale voie d'entrée dans l'étang de Bages depuis la mer est un grau, dit de « La Nouvelle », noté « A » sur le plan. Il s'agit d'un « canal » naturel par lequel entrent et sortent les eaux, selon les mouvements de la mer et le niveau de remplissage de l'étang.

Le fond du « bassin de l'estang de Bages » est certes déjà peu profond, mais il est environné de « baffont » (ie bas-fonds) où toute navigation est impossible pour les barques chargées. La communication entre le bassin de l'étang et le grau se fait par un chenal mal assuré et connu sous le nom de « Goulletaillade », signalé sur le plan par les lettres « B » et « C ». Dans son devis, Isaac Petit signalait que ce goulet d'environ 50 cannes de long (env. 100 m) n'avait que 3 à 4 pans d'eau (env. 0,75 à 1 m), ce qui le mettait « ors de service[1] ». En conséquence, il préconisait de recreuser sur une largeur de 8 à 9 cannes et de lui donner au moins 6 pans de fond dans les plus basses eaux.

De l'étang, on rejoint le port urbain de Narbonne en empruntant le « canal quy vient de Narbonne », dont la prise dans l'étang se situe en un lieu noté « D », le Caragol, bordé de murailles et au débouché duquel s'est amassé un « banc de sable ».

Ainsi, sur ce plan figure le principal handicap du port de Narbonne : la difficulté d'y accéder par voie de mer en raison d'un ensablement récurrent.

  • Autres bâtiments.

La « tour du grau » est une vieille tour de défense servant à la protection avancée de Narbonne, à l'abord d'une voie de communication essentielle pour son commerce.

 

 

[1] Arch. dép. Hérault, C 9072, copie du bail du 24 octobre 1662.