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Plan du port de Brescou (1662) - Zoom sur...

Agde
Plan du port de Brescou, 1662 (ADH, C 12308/2)
Plan du port de Brescou, 1662 (ADH, C 12308/2) Archives départementales de l'Hérault

Les plans de ports du Languedoc : pour une histoire de l'espace littoral aux XVIIe et XVIIIe siècles, par Stéphane Durand > Page d'introduction > Le port d'Agde

Ce plan du port de Brescou (C 12308/2), dit aussi « môle d'Agde », représente l'état des infrastructures portuaires en 1662, moins d'une dizaine d'années après son achèvement sous l'égide des Etats de Languedoc.

Ce document est issu d'une visite d'inspection menée sur l'ensemble du littoral languedocien par Isaac Petit, ingénieur du roi, et Claude Terrisse, capitaine d'Agde.

Ce plan de la rade de Brescou est orienté au SSO en haut de la feuille [le plan est lui-même orienté par une rose des vents montrant le nord]. Il est probablement de la main d'Isaac Petit, ingénieur du roi.

Texte et légende

 

Plan du port de Brescou (1662) [Cote ADH, C 12308/2]

Plan du port de Brescou, 1662 (C 12308/12)
(Cliquer ici pour agrandir l'image)
 

Sur la côte figurent successivement « la conque », « cap d'agde », « Leque », « Bassin ».
En mer : « la lause », marquée de la lettre « B ».
En haut de la feuille : « Brescon » et « lou roignaire », marqué de la lettre « A ».
En bas de la feuille, l'échelle est indiquée en « can(n)es mesure de Montp(elli)er »

Contexte

Au début de 1662, alors que les Etats de Languedoc s'inquiètent depuis plusieurs années de l'état du commerce maritime de la province, une visite générale du littoral est diligentée sous l'autorité du prince de Conti. Elle doit aboutir à un diagnostic préalable à une reprise des investissements sur ce littoral. Deux commissions des Etats successives sont chargées d'examiner l'affaire pour décider des travaux à entreprendre.

Les éléments représentés sur le plan

 

Les éléments naturels

 

La « conque » est cette plage de sable volcanique noir encore visible aujourd'hui, au pied du cap d'Agde. Sur l'autre versant de celui-ci figurent des récifs sous forme de petits cercles tracés au crayon et mal fermés.

La « leque » est le nom que porte le rocher proéminent qui flanque le cap d'Agde face à Brescou. Sur ce plan, le terme semble être utilisé pour désigner le môle lui-même.

La « lause », notée « B », est un rocher affleurant à peine, point de repère pour les navigateurs et les ingénieurs chargés précédemment des travaux.

L'îlot de Brescou n'apparaît pas. Seul le fort est indiqué, comme s'il occupait tout l'espace des rochers émergeants. Néanmoins, « lou roignaire », marqué « A », est une langue de récifs formant une sorte de chaussée pointée vers le grau d'Agde.

 

Les infrastructures portuaires

 

La seule grande réalisation a été ce môle d'environ 400 cannes de long (environ 800 m), sans retour oblique à 105° comme prévu initialement (cf. projet de 1634). La croix marquée « l » sur la longueur du môle est un point de repère dont l'installation a été imposée aux précédents entrepreneurs du chantier pour mesurer la progression des travaux.

Le dessin des contours du « bassin » du port de Brescou indique un net ensablement à l'abri du môle. C'est ce phénomène inquiétant qui a contribué à dissuader les autorités e la province à y poursuivre des travaux portuaires.

 

Les autres bâtiments

 

Les fortifications marquées sur le plan de 1634 - et au moins partiellement réalisées - ne figurent plus sur ce plan de 1662. Seul reste le fort de Brescou.

En revanche, la chapelle Saint Armand - sans doute ainsi nommée en hommage au prince de Conti - est mentionnée à la racine du môle, preuve de sa probable réalisation, conformément au devis de 1634.

Attention : les marques estompées que porte le plan autour du fort de Brescou sont dues au pliage du plan.