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Une loi pionnière pour l’enseignement primaire féminin, la loi Duruy (1867) - Zoom sur...

Ecole de filles du département de l’Hérault, s.d., ADH 1770 W 57
Ecole de filles du département de l’Hérault, s.d., ADH 1770 W 57

La loi du 10 avril 1867, dite Loi Duruy, est une des grandes étapes du développement et de la généralisation de l’éducation en France. Elle a notamment favorisé l’enseignement primaire féminin, la laïcisation du corps enseignant et la gratuité de l’enseignement.

L’enseignement primaire avant la loi Duruy

 

Lorsque l’empereur Napoléon III nomme, le 23 juin 1863, Victor Duruy ministre de l’instruction publique, l’enseignement primaire a déjà été encouragé par deux grands textes, la loi Guizot, en 1833, et la loi Falloux, en 1850. La loi Guizot, d’abord, a contribué de manière décisive à répandre l'instruction. Elle a en effet obligé les communes de plus de 500 habitants à devenir propriétaires d'un local d'école, pour y loger et entretenir un ou plusieurs instituteurs et instruire tous les enfants et même les plus pauvres. La loi Falloux, du 15 mars 1850, a étendu cette obligation aux écoles primaires de filles pour les communes de plus de 800 habitants.

La loi Guizot a théoriquement autorisé la mixité mais celle-ci reste très exceptionnellement une réalité en France, dans les années 1860, car l'école ne concerne que les garçons dans les mentalités de l'époque. Considérées comme inférieures, les filles sont confinées dans un rôle traditionnel.

Elles sont éduquées pour leur permettre d’accomplir leur rôle futur de mère et d’épouse. Les enseignements qui leur sont dispensés sont avant tout pratiques (travaux à l’aiguille). De grands progrès de l’alphabétisation sont réalisés à la moitié du siècle, mais les filles en sont largement exclues.

Victor Duruy, historien, professeur reconnu et ministre libéral, s’emploie entre 1863 et 1869 à moderniser et à généraliser l’instruction publique.

 

Une étape de plus vers une école publique et gratuite

 

Dès sa nomination, Victor Duruy affirme son objectif de favoriser par une nouvelle loi le développement de l'enseignement primaire. Son projet met en avant le principe d'obligation scolaire et cherche à favoriser la gratuité. Il veut également réduire la présence des religieux parmi les enseignants. Un premier texte est mis au point mais celui-ci est rejeté en bloc par le Conseil des ministres en 1865. Victor Duruy en appelle à l’opinion publique et à l’empereur Napoléon III, qui le soutient, dans une période de libéralisation du régime impérial.

La loi qui est adoptée le 10 avril 1867 est un compromis, mais elle marque des progrès notables. Victor Duruy abandonne le principe d’obligation, mais la gratuité devient facultative pour les communes qui souhaitent l'établir. Par l'article 8, les communes sont en effet autorisées à affecter à l'entretien de leurs écoles gratuites le produit d'une imposition extraordinaire. En outre, l’article 7 de la loi impose aux communes de plus de 500 habitants l'obligation d'avoir au moins une école publique de filles, et de faire le traitement d'une maîtresse de travaux à l'aiguille dans toute école mixte tenue par un instituteur.

La loi encourage les communes à prendre des mesures en faveur des familles indigentes afin de leur permettre de disposer de la gratuité des études, leur demandant de fonder une caisse des écoles. Victor Duruy enrichit les programmes de l’école primaire en insistant sur la nécessité d’adapter les contenus aux activités dominantes de la région (agriculture, industrie…). L’année suivante, il impose aussi l’histoire et la géographie dans le primaire.

Favoriser l’instruction des filles

 

Très conscient de la nécessité d’éduquer et d’instruire les filles, Victor Duruy, qui soutient à la même époque la demande d’inscription de Madeleine Brès, première femme docteur, à la faculté de médecine de Paris, est également à l’origine de la création des premiers cours secondaires féminins (circulaire du 30 octobre 1867).

Ces derniers doivent permettre de proposer aux jeunes filles de la bourgeoisie un complément d’instruction, mais ces cours payants sont combattus par le camp conservateur et le clergé qui y voient une menace pour la moralité et l’esprit des jeunes filles. De nombreux cours ferment dès son départ du ministère en 1869, même s’ils doivent ensuite réapparaître pour devenir les embryons des futurs collèges puis lycées de jeunes filles.

 

Les conséquences de la loi

Les dispositions de la loi Duruy ont pour conséquences de faire ouvrir 8000 écoles de filles et d’instituer 13 000 maîtresses d'ouvrages à l'aiguille. Plus de 6000 communes votent la gratuité absolue dans 8400 écoles publiques. On constate une augmentation importante du nombre d'écoles et d'élèves dans la décennie suivante. La loi accroît la présence des laïcs parmi le personnel enseignant contribuant à réduire l’influence encore forte du clergé sur l’enseignement. La loi Duruy marque surtout la tendance en faveur de l’éducation des filles, dont témoigne en 1868, la première réception d’une femme, Emma Chenu au grade de licenciée en sciences.

Les principes d’obligation et de gratuité chers à Victor Duruy seront au cœur de la prochaine grande étape législative, les loi Ferry de 1881-1882, rendant l’école primaire gratuite, l’instruction obligatoire, et l’enseignement public laïque.

 

Pour aller plus loin, voir

 

  •  Le fonds du Rectorat de l’académie de Montpellier. L’inventaire vous donnera également accès en ligne aux registres numérisés des délibérations et des procès-verbaux des séances du Conseil académique (1809-1959).

 

 

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