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Edith Moskovic, enfant caché pendant la Seconde guerre mondiale.

Publié
12/12/2014
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Christophe Cordier, enquêteur
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Cote Archives départementales : 2027 W 26-27
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Collecte de témoignages sur la Seconde guerre mondiale

A l’occasion de l’exposition Les enfants de l’histoire proposée en Atelier de l’histoire jusqu’à la fin de l’année 2014, nous avons sélectionné pour le mois de décembre, mois consacré au chapitre des enfants dans les guerres, un témoignage oral recueilli par les Archives en 2007 à Montpellier auprès d’Edith Moskovic.

Cette vidéo est extraite de la collection de témoignages oraux sur l’histoire de la Seconde guerre mondiale. L’enquête a été réalisée par Christophe Cordier le 17 novembre 2007 (2027 W 26-27).

Enfant juive hongroise, exilée avant-guerre à Bruxelles à cause des lois antisémites du régent Horty, Edith Moskovic a connu le miracle et l’enfer. Arrêtée fin 1941 par la gendarmerie française avec ses 8 frères et sœurs en Haute-Garonne où sa famille s’était réfugiée, elle est internée au camp de Portet, dans les conditions des déportés de l’Europe asservie. Miracle d’une France qui a aussi su spontanément protéger des juifs, des gardiens français, soudoyés, acceptent de couper des barbelés pour permettre l’évasion de la famille, en mai 1942. La famille remonte alors vers le nord. Abbeville, en Picardie, est atteinte en dix jours. A Bruxelles, elle découvre la maison familiale dévastée. Dès septembre sont édictées de nouvelles lois antijuives d’exclusion totale.
Le père cache alors ses huit enfants auprès d’autant de familles inconnues, dans la plus totale clandestinité. Edith reste enfermée à clé dans un grenier sans pouvoir dire combien de mois en raison de l’obscurité. Puis est transférée dans un institut d’enfants handicapés. Sauvée, elle se taira pendant 50 ans. Etablie à Montpellier, déléguée pour l’institut Yad Vashem en Languedoc, elle témoigne désormais devant les élèves.