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"Le Mort fiancé", opéra-comique de Prosper de Ginestet - Fiche de présentation

Partition d'orchestre du "Mort fiancé", opéra-comique de Prosper de Ginestet
Partition d'orchestre du "Mort fiancé", opéra-comique de Prosper de Ginestet

ADH, 203 J 113...

Dernière oeuvre de Prosper de Ginestet représentée à l'Opéra-comique (Théâtre des Nouveautés), le 16 janvier 1833, "Le Mort fiancé" connut 7 représentations. La partition d'orchestre inédite est conservée aux Archives départementales et consultable en ligne.

Argument du spectacle

 

La pièce fut donnée anonymement pour le livret, et avec le nom de M. Prosper pour la musique. Les librettistes, recensés dans des publications de peu postérieures, comme l'Almanach des spectacles de 1831 à 1834, publié en 1834, sont au nombre de trois : Vial, Adolphe d'Houdetot, Féréol. Jean Baptiste Charles Vial, né à Lyon le 2 juillet 1771, mort à Paris le 27 octobre 1837, travailla dans une maison de commerce puis au ministère des Finances, sans cesser de s'occuper d'ouvrages dramatiques. Louis Second dit Féréol (1795-1870) était ténor à l'Opéra-comique, et tint l'un des rôles du Mort fiancé.

L'argument est donné ainsi dans le Dictionnaire lyrique, ou Histoire des opéras, de Félix Clément et Pierre Larousse : "Une légende allemande a fourni le sujet du livret. Chaque année un esprit diabolique s'installe à l'auberge de la Croix-Noire. C'est le Mort fiancé qui, le premier dimanche de l'Avent, emmène une jeune et gentille fiancée, toute vive, dans l'autre monde. Un homme, vêtu de noir, est descendu à l'auberge; on ne doute pas que ce ne soit l'esprit lui-même. Après maint quiproquo, personne ne meurt et tout s'explique."

Accueil du public

 

Les papiers de Prosper de Ginestet ne contiennent qu'une coupure de presse relative à la représentation. Nous en avons recueillies d'autres par ailleurs.

  • Le sténographe des Chambres, 3e année, n° 47, 18 janvier 1833 (203 J 16).

 

"L'Opéra-Comique qui, grâce au Pré aux Clerc, a retrouvé le secret de faire des recettes, a donné hier un petit opéra en un acte, intitulé le Mort fiancé. Le poème, assez léger de fond, ne manque pas de gaîté, et a fourni à M. Prosper des motifs d'une musique fraîche et gracieuse. M. Prosper, qui est déjà connu dans le monde musical par des productions d'un mérite réel, pourrait se dispenser du pseudonyme."

  • La Mode : revue des modes, 1833, p. 78.

 

"Le Mort fiancé est bien coupé pour la musique. Le compositeur, M. Prosper, a prouvé qu'il connaissait son art, mais, s'il ne manque pas de science, il manque d'invention; et, si son orchestre est riche d'effets, ses chants sont pauvres de mélodie".

  • Ulysse Tencé, Annuaire historique universel pour 1833, Paris, 1834, Thoisnier-Desplaces, p. 201.

 

"S'il faut en croire une ballade allemande, un écuyer mort depuis 1430 revient chaque siècle dans la ville d'Ebersheim pour étrangler deux fiancées ; en prenant cette ballade pour point de départ, deux ou trois écrivains (ils n'ont pas été nommés), ont fait une pièce sans mouvement, et d'un comique usé. La musique ne vaut guère mieux que la pièce."

  • Revue de Paris, Paris, Au bureau de la Revue de Paris, 1833, p. 197.

 

"Le Mort fiancé, opéra-comique en un acte, a réussi au théâtre des Nouveautés. Le poème est peu de chose, mais la partition est distinguée, trop savante peut-être, quoique d'un simple amateur, qui n'a livré aux bravos que le pseudonyme de Prosper. Les auteurs des paroles ont été plus modestes encore: ils ont gardé complètement l'anonyme."

 

En savoir plus

 

Conservée aux Archives départementales sous la cote 203 J 113, la partition d'orchestre inédite est numérisée et consultable en ligne, via le formulaire de recherche Trésor d'archives (saisir par exemple Mort fiancé comme mot-clef) ou l'inventaire du fonds des archives des familles Ginestet et Roux de Puivert.

Les Archives nationales ne conservent ni livret ni compte rendu des censeurs concernant Le Mort fiancé dans le fonds de la censure des pièces de théâtre. Abolie par la Charte du 7 août 1830, la censure ne fut en effet pas rétablie avant 1835.

Notice du spectacle dans l'ouvrage suivant :

WILD (Nicole), CHARLTON (David), Théâtre de l'Opéra-Comique Paris : répertoire (1762-1972), Sprimont, Mardaga, 2005, n° 1237.